mardi 6 juin 2006

église Saint-Eustache, Paris

20h30

XVIIe Festival des Grandes Orgues

cliché Timothy Patterson

« Je me souviens du jour où à l'église Saint-Eustache j'écoutais la symphonie "Jupiter".

Il m'a semblé que Mozart l'avait écrite pour Yanka Hekimova et que c'était la première fois que j'entendais jouer de l'orgue : le compositeur, l'interprète et l'instrument se confondaient et ne faisaient plus qu'un.

Moment inoubliable de maîtrise et de grâce en cette église qu'on aurait dit édifiée pour cette sorte de miracle ! »

YANKA HEKIMOVA

Wolfgang-Amadeus Mozart

Adagio et rondo pour harmonica de verre et quatuor KV 617 

transcription Jean Guillou

Neuf variations sur un menuet de Duport KV 573 

transcription Yanka Hekimova

Symphonie n°41 "Jupiter" KV 551* 

Allegro vivace

Andante cantabile

Menuetto

Finale. Molto allegro

transcription Yanka Hekimova

*Nouvelle version

Jean-Claude Brisville, dramaturge

« L'idée de faire entendre à l'orgue des œuvres de Mozart écrites à l'origine pour d'autres instruments peut sembler étrange, elle est en fait excellente. C'est particulièrement vrai pour la symphonie n°41 "Jupiter que vous avez jouée ce soir-là.

Au départ, il y a votre transcription de la symphonie, transcription qui n'a rien à voir avec les réductions pour piano qui permettaient jadis aux amateurs trop éloignés des salles de concert de réentendre les œuvres qui leur avaient plu. La transcription que vous avez réalisée de la "Jupiter", Madame Hekimova, est une véritable recréation, c'est à dire une œuvre d'art à part entière. Grâce à elle, on entend très naturellepment des lignes de contrepoint que les meilleurs orchestres ne parviennent pas toujours à mettre en lumière.

Durant le concert, j'ai été frappé par votre art de la registration qui sait exploiter au mieux les vastes possibilités du grand orgue de Saint-Eustache sans jamais se laisser dominer par l'instrument. L'extrême variété de la registration et le savant étagement des plans sonores a donné à la "Jupiter" une vigueur, une lisibilité, je dirai même : une logique que je ne lui connaissais pas.

Enfin, le choix des tempi associé à une virtuosité sans faille a conféré à l'ensemble de la symphonie une dynamique exceptionnelle, tout simplement : la vie.

Ce soir-là, je pensais réentendre la symphonie "Jupiter", en fait, je l'ai redécouverte. Merci, Madame Hekimova, de nous avoir offert ce moment d'intelligence et de bonheur. »

Dominique Dussaussoy, écrivain

« Après un concert dédié à Mozart…

Toute mon admiration à Yanka Hekimova pour la qualité de son jeu à l'orgue de Saint-Eustache.

Dans ses transcriptions de Mozart, elle égrène chaque note avec un timbre cristallin, elle se répand en grappes de sons d'une virtuosité inouïe, jouant  simultanément sur les cinq claviers avec seulement deux mains, et utilisant toutes les possibilités de cet orgue magnifique.

Trop souvent, l'orgue donne un son fondu. Avec Yanka Hekimova, les passages musicaux se succèdent avec une infinie diversité, où l'on peut reconnaître chaque instrument de l'orchestre.

Et ce miracle technique se double d'une très grande sensibilité qui me transporte dans le bonheur du partage musical voulu par le compositeur. A quand les prochains concerts ? »

Lionel Thomas